BIOGRAPHIE

 

Sur la pochette légèrement déstructurée d’À la fin de l'hiver, un visage gelé. Celui de Carole Masseport. Cette fille-là n'a pourtant rien d'un glaçon. Chez elle, une humeur souvent printanière, une personnalité solaire et enchanteresse comme la nature intacte. Une fragilité assumée aussi. La richesse de cette dualité, on la retrouve autant au cœur de ses chansons que dans son approche scénique. C'est une audacieuse, touche-à-tout et qui ne supporte pas le sur-place. Peut-être doit-on y voir là le prolongement d'une enfance frénétiquement active, entre pratique sportive intensive et conservatoire de musique. Elle a la bougeotte -  et le temps n'arrangera rien à l'affaire  - ainsi que le goût des autres. La curiosité toujours et un appétit décuplé à l'adolescence où l'apprentissage du chant lyrique et du théâtre viennent entrer dans la danse. Et puis les rencontres, évidemment cruciales et majeures, qui l'emmènent sur les planches et à chanter, dans la foulée, au bar de la même salle.  Claude Duvivier la signe en édition avant l'arrivée dans les bacs de son premier album auto-produit Blottie en 2006. Projet hybride entre chanson et boucles électroniques, celui-ci  rencontre un succès d'estime (Coup de cœur de l'Académie Charles Cros, soutien de la SACEM, l'ADAMI et la SCPP) à défaut de public. Les radios lui rétorquent que sa démarche est trop avant-gardiste. Mauvais timing. Cinq ans plus tard, la destinée du disque aurait certainement été tout autre. Cela n'empêche pas Carole Masseport de se produire en bonne compagnie au sein de co-plateaux (Raphaële Lannadère, Claire Diterzi) et surtout par le suite de se lancer dans une aventure à la fois marquante et détonante. La P.O.U.F (entendre par là : Petite Organisation Ultra Féminine ) débarque, décomplexée, légèrement provocatrice et le corps volcan. Un trio power punk à l'esthétisme ciblée qui s'amuse des stéréotypes féminins de la société. Derrière le burlesque apparent, ça déménage. Carole prend, elle, les traits d'une diva pouf, une sorte de Jessica Rabbit déglinguée. Elle est à la basse, instrument qu'elle ne quittera plus. La P.O.U.F devient même l'égérie du magazine Causette, les dates se multiplient. Dans le même élan, elle passe par la Formation des formateurs au studio des Variétés (actuellement elle est professeur de chant rap/hip hop à Bondy). Là-bas, elle rencontre Jean-Jacques Nyssen. Les deux forces vives sont sur la même longueur d'ondes. Sans crier gare, des chansons se dessinent. Tel un pygmalion, Nyssen se penche sur les textes de Carole, structure cette riche matière. Les doutes de la jeune femme volent en éclats. L'écriture prend pour elle des allures de libération. En fin de parcours, plus besoin de béquille.  Sous la houlette de Nyssen à la réalisation, quatre EP se glissent sur le chemin. Fruit mûri de cette expérience quadricéphale, A la fin de l'hiver n'a ainsi rien d'un bal de débutante. Carole Masseport n'est pas une chanteuse de variété, mais son album est varié, intemporel, ancré dans une vraie dynamique de musiciens. Les sonorités seventies de la basse occupent une place centrale. De ce timbre grave, puissant et caressant, surgit de grandes petites chansons. Frontales, métaphoriques ou se réfugiant sous la forme du conte, elles sentent le vécu. L'amour ? Il est partout, au sens propre comme figuré. Ne pas s'attendre à de la bluette ampoulée. Ici, l'écriture embrasse le rebond des mots et les lectures multiples. L'impuissance dans le non-dit, l'attente (Au parc, sublime offrande de Céline Ollivier), la sexualité carnivore, une injonction avec des chœurs à la Sting, un sentiment de défiance, une passion déraisonnable, une comptine légère... Carole Masseport a de la suite dans les idées. Intimiste et universel, son disque aux teintes éclatantes convoque une nuée d'émotions distinctes. Ce sont les siennes, ce sont les nôtres.  

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